• | PLANIFIER SA VISITE | HÔTEL

Menü

Les nombreuses vies du château

Les nombreuses vies du château

LES ORIGINES DU DOMAINE AU XVIIÈ SIÈCLE

L’histoire du domaine entourant le château de Fehérvárcsurgó remonte au XVIIè siècle. La famille Hochburg en est le premier propriétaire en 1690, auquel succèdent les familles Berényi et Perényi.

De style baroque, le premier château s’élevait sur deux niveaux en forme de L. Il comprenait une trentaine de pièces dont une chapelle. Le constructeur Antal Feigs apparaît comme l’un des constructeurs du château dont il ne subsiste aujourd’hui que les caves.

Les origines du domaine au XVIIè siècle
La construction du château Karolyi au XIXè siècle

LA CONSTRUCTION DU CHÂTEAU KÁROLYI AU XIXÈ SIÈCLE

Le comte György Károlyi acquiert la propriété en 1834 pour en faire sa résidence secondaire. Il demande en 1844 à l’architecte autrichien Heinrich Koch, qui vient d’achever la restructuration de son Palais à Budapest, d’en concevoir les plans. La construction s’étendra sur plusieurs années, pendant lesquelles Miklós Ybl, connu plus tard pour la construction de l’opéra de Budapest, assurera la direction des travaux. Livré en 1851, le nouveau bâtiment se dresse à l’emplacement de l’ancien dans un style néo-classique.

LES RÉNOVATIONS DE JOSEPH KÁROLYI AU DÉBUT DU XXÈ SIÈCLE

Après la mort du comte György Károlyi en 1877, la propriété passe à son fils cadet Viktor, puis au frère aîné de celui-ci, Gyula en 1888. Gyula Károlyi a quatre filles et deux fils, issus de deux unions : Mihály, de son premier mariage, et Joseph de son second avec Géraldine Pálffy. C’est à ce dernier que revient le domaine de Fehérvárcsurgó. De grands travaux de modernisation s’ensuivent.

Les rénovations de Joseph Karolyi au début du XXè siècle
Les deux frères à la chute de l’Empire austro-hongrois

LES DEUX FRÈRES À LA CHUTE DE L’EMPIRE AUSTRO-HONGROIS

La relation entre les demi-frères Mihály Károlyi (1875-1955) et Joseph Károlyi (1884-1934) illustre les tensions de la Hongrie au XXè siècle. Issus de la noblesse, ils exercent des responsabilités politiques dans la Hongrie impériale tout en s’intéressant aux réformes agraires et sociales. Mihály adopte néanmoins une ligne radicale, devient figure de la révolution de 1918 puis premier président de la République hongroise (1918-1919). Exilé et condamné par le régime Horthy, il ne sera réhabilité qu’en 1945.

En opposition avec son demi-frère, Joseph Károlyi est un légitimiste convaincu. Après 1918, il reste fidèle à Charles IV, dernier roi de Hongrie, et suit la famille impériale en exil. Il soutient ses tentatives de restauration et exprime son désaccord avec le régime Horthy qui empêche le retour du souverain. Il est présent à la mort du roi à Madère en 1922 et porte son cercueil. Chargé de l’éducation hongroise de l’archiduc Otto, il séjourne avec sa famille auprès de l’impératrice Zita et de ses enfants en exil à Lequeitio (Espagne), de 1924 à 1926.

Joseph Károlyi, légitimiste
Des liens familiaux

Malgré leurs profonds désaccords, les deux frères resteront fidèles aux liens familiaux les unissant. Joseph considérera toujours les biens de Mihály confisqués par le régime Horthy comme étant ceux de son frère. Il les administrera pendant l’exil de ce dernier et lui en reversera les revenus, tandis que Mihály, nommé ambassadeur de Hongrie à Paris en 1947, apportera son aide à la famille lors de son émigration en France après la Seconde Guerre mondiale.

VIE DE FAMILLE DANS LES ANNÉES 1920

Joseph Károlyi a épousé la comtesse Daisy Wenckheim (1892-1964) en 1913. Modernisé avant la guerre, doté du chauffage central, de l’électricité, de l’eau courante et du téléphone, le château de Fehérvárcsurgó devient leur résidence principale. Leur fils István y naît en 1920. Il y est élevé selon la tradition aristocratique, avec des gouvernantes et des précepteurs français et allemands. Son père, conscient des évolutions de son époque, lui donne néanmoins une éducation plus ouverte en l’envoyant à l’école communale du village.

Pour découvrir plus en détail cette période, suivez la visite guidée virtuelle ici.

Vie de famille dans les années 1920
Les années 1930 et le début de la guerre

LES ANNÉES 1930 ET LE DÉBUT DE LA GUERRE

À la mort de Joseph Károlyi en 1934, Daisy développe à Fehérvárcsurgó un élevage de lapins angora, afin d’offrir un revenu complémentaire aux femmes du village. Opposée au régime Horthy et à l’alliance avec l’Allemagne nazie, elle cache plusieurs proches au château pendant la Seconde Guerre mondiale, dont l’écrivain Lajos Zilahy et le scientifique Albert Szent-Györgyi, prix Nobel de médecine en 1937, engagés dans la résistance. Elle s’implique également en faveur des réfugiés polonais.

LA SECONDE GUERRE MONDIALE

La famille Károlyi quitte définitivement le château à l’automne 1944, à l’approche du front. A cette période, le domaine est occupé par la division blindée Waffen SS Totenkopf, qui y installe un hôpital de campagne. A l’arrivée du front, les Allemands battent en retraite et l’armée soviétique s’installe à son tour au château.

Le château est durablement endommagé par ces occupations : objets et mobiliers pillés ou saccagés, livres brûlés.

La seconde guerre mondiale
1945 et le début des nationalisations

1945 ET LE DÉBUT DES NATIONALISATIONS

En février 1945, l’armée rouge délivre Budapest de l’occupation allemande après six semaines d’un siège sanglant. Le mois suivant, le gouvernement provisoire hongrois, soutenu par les Soviétiques, annonce la confiscation et la nationalisation des grandes propriétés. La famille revient brièvement à Fehérvárcsurgó pour constater les dégâts, et passe les deux années suivantes repliée dans son hôtel particulier de Budapest avant d’émigrer en France à l’été 1947.

LA FAMILLE QUITTE LA HONGRIE

István Károlyi (1920-2009) quitte la Hongrie avec sa jeune épouse Katalin, dite Gogo (1919-2006), fille du peintre Tibor Pólya, et leur fils Georges né à Budapest en 1946. Une fois installés à Paris en 1947, István prendra le nom d’Etienne de Károlyi. Docteur en philosophie esthétique et passionné de théâtre, il peine à trouver une situation à Paris, qu’il quitte pour le Maroc puis l’Afrique Noire, où il exercera des fonctions administratives.

La famille quitte la Hongrie
Les années d’exil en France

Daisy Wenckheim émigre également en France. Elle joue un rôle actif dans l’éducation de son petit-fils Georges, tout en contribuant aux revenus de la famille par la confection de châles. Revenu à Paris en 1970, István devient marchand de biens et entreprend de nombreux voyages à travers le monde. Son épouse Gogo, dont il divorce en 1953, se fera connaître comme styliste sous le nom de Catherine de Karolyi. Elle travaillera pour les plus grands couturiers parisiens et notamment la Maison Hermès.

LE CHÂTEAU À L’ÈRE COMMUNISTE

En 1946, le château est attribué à la Compagnie de distribution du gaz qui l’utilise comme maison de vacances pour son personnel. En 1949, il est transformé en orphelinat pour accueillir les enfants grecs déplacés par les partisans communistes pendant la guerre civile. À partir de 1955, il reçoit des enfants hongrois. L’orphelinat doit néanmoins quitter les lieux en 1979, faute de moyens pour entretenir l’édifice.

Malgré son classement aux monuments historiques en 1953, le château est alors laissé à l’abandon.

Le château à l’ère communiste
La coopérative agricole

LA COOPÉRATIVE AGRICOLE

Après la réforme agraire de 1945, les terres de la famille Károlyi sont redistribuées aux paysans avant d’être intégrées, à partir de 1949, à la coopérative agricole Lénine. Installée dans les anciennes écuries du château, celle-ci regroupe les exploitations locales et organise la production selon le modèle de la collectivisation socialiste. Elle fonctionne jusqu’à la fin des années 1980.

LE RETOUR DE LA FAMILLE KÁROLYI

Après la chute du régime communiste en 1990, Georges Károlyi revient visiter Fehérvárcsurgó avec son épouse Angelica, née Edzard (1947), et leurs quatre enfants. En 1993, la gestion du château est confiée à la MÁG, un établissement public dépendant de l’Office National de Protection des Monuments Historiques. L’année suivante, la famille crée la Fondation Joseph Károlyi, reconnue d’utilité publique, afin de restaurer le domaine et de le transformer en Centre culturel de rencontre européen.

En savoir plus sur la famille Károlyi aujourd’hui.

Le retour de la famille Károlyi
La reconstruction

LA RECONSTRUCTION

La restauration du château débute en 1993 sous l’impulsion de la MÁG, qui engage les premiers travaux d’urgence : réfection des toitures et assainissement des intérieurs, fortement dégradés par la mérule. À partir de 1994, la famille Károlyi s’investit activement dans le projet avec la création de la Fondation Joseph Károlyi qui lui permet de rechercher des financements publics et privés pour mener à bien la restauration et développer son projet culturel. Elle reçoit en 1995 le label officiel de la Décennie mondiale du développement culturel de l’UNESCO.

Les travaux se succèdent ensuite associant fonds propres de la famille, subventions de l’Etat hongrois, et soutien de partenaires institutionnels, dont la Banque hongroise de développement, la Fondation Robert Schuman, la Fondation Hippocrène et la Fondation Hungaria Nostra. En 1999, la chapelle et le pavillon nord, accueillant le centre de documentation, sont restaurés. Suivent le pavillon sud en 2000 et le ravalement des façades et de leurs 200 fenêtres en 2003. L’aile nord est achevée en 2004, suivie de l’aile sud en 2005, permettant l’ouverture de l’hôtel la même année.

Les étapes de la restauration
Le château Károlyi aujourd’hui

Les travaux se poursuivent avec la cour d’honneur (2006) et le corps central (2011). L’obtention de fonds européens permet d’engager la rénovation paysagère du parc et la remise en eau du lac en 2014, ainsi que la restauration d’une partie des grandes écuries entre 2021 et 2023, transformées en centre d’accueil des visiteurs et salle d’exposition.

Le château Károlyi est aujourd’hui considéré en Hongrie comme un projet modèle de réhabilitation d’un monument historique porté par une initiative familiale.