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Découvrez le château

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LE CHÂTEAU TEL QU’ON LE CONNAÎT AUJOURD’HUI

Le château tel qu’on le connaît aujourd’hui correspond à son état de 1910, lorsque le comte Joseph Károlyi entreprit une profonde modernisation qui lui donna son apparence actuelle. Les travaux associèrent confort moderne, innovations architecturales et volonté de faire de cette demeure une résidence familiale autant qu'un lieu de représentation.

Les intérieurs du Károlyi Kastély témoignent de l’art de vivre de la grande aristocratie hongroise, qui survécut à la chute de l’Empire en 1918 et ne s’éteignit véritablement qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Le château tel qu’on le connaît aujourd’hui
La place du sacré

LA PLACE DU SACRÉ

La chapelle conserve un remarquable Calvaire peint en 1782 par Anton Zallinger, élève de Franz Anton Maulbertsch, et restitué par le Musée des Beaux-Arts de Budapest où il avait été conservé à la suite des nationalisations de l’après-guerre. Elle témoigne de la place centrale que tenait la religion dans la vie des familles aristocratiques.

Premier espace restauré en 1998 après le retour de la famille, la chapelle a été reconsacrée et accueille aujourd’hui liturgies, mariages et concerts de musique classique.

L’ART DE RECEVOIR

Le grand salon, ou salle de bal, ouvre largement sur la terrasse et le parc. C'est là que les Károlyi accueillaient leurs invités et donnaient de grandes réceptions. L'écrivain Lajos Zilahy, ami de la famille, séjourna à plusieurs reprises au château et s'inspira de cette société aristocratique pour son roman Les Dukay.

Construite dans les années 1850, la terrasse en fonte, surnommée « terrasse dentelle », est l'un des éléments emblématiques du château. Elle offre une vue sur le parc à l’anglaise et, en contrebas, sur le lac et sa gloriette.

L’art de recevoir
Le château et son parc

Si le parc remonte aux origines du domaine, le paysagiste János Hein lui donne son aspect actuel dans les années 1910. Autour du château, un jardin d’agrément « à la française » structure l’espace, prolongé par des clairières « à l’anglaise » et d’un jardin de rocaille.

La partie boisée est aussi aménagée et parcourue de sentiers propices à la promenade. L’ensemble s’étend aujourd’hui sur 50 hectares. En 2024, un sentier dendrologique a été aménagé sur 2 km, introduisant 300 nouvelles essences issues de tous les continents.

Pour en savoir plus, cliquez ici.

La salle à manger d'honneur accueillait les grands dîners officiels. Le régent Miklós Horthy y fut notamment reçu en 1919. Le salon de musique rappelle la place essentielle qu'occupait cet art dans les grandes demeures aristocratiques. Des concerts de musique de chambre y étaient régulièrement donnés : une tradition qui se poursuit aujourd’hui à travers la riche programmation musicale du château.

Le piano exposé est un don de l’architecte en charge des restaurations du château, il fut utilisé par le pianiste franco-hongrois György Cziffra.

La salle à manger d’honneur
Gouverner

GOUVERNER

La salle du Préfet (Főispán) rappelle les fonctions publiques exercées par le comte Joseph Károlyi, préfet du comitat de Fejér et de la ville de Székesfehérvár entre 1917 et 1921.

Fidèle aux Habsbourg, il défendait le retour de la monarchie qu'il considérait comme garante de la stabilité du pays et de sa richesse, tout en soutenant une politique sociale plus progressiste. Après l'échec des tentatives de restauration du roi Charles IV, il choisit de démissionner de ses fonctions. Il fut ensuite élu député au Parlement avec un programme légitimiste.

VIE QUOTIDIENNE

Derrière les grandes réceptions se déroulait une vie familiale plus discrète.

Le salon rouge servait de salle à manger lorsque la famille ne recevait pas, tandis que le salon bleu, attenant, était également réservé au cercle intime.

L'actuelle salle de billard était autrefois le boudoir de Daisy Wenckheim, l’épouse de Joseph Károlyi. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la famille s'y réunissait pour écouter clandestinement les émissions de la BBC.

Vie quotidienne
L’escalier sous la verrière

Un élégant petit escalier en bois mène à l’étage. Surmonté d’une verrière permettant à la lumière naturelle de pénétrer au cœur du bâtiment, il est l’invention architecturale de Miklós Ybl, qui deviendra l’un des grands noms de l’architecture hongroise. C’est à Fehérvárcsurgó que ce dernier fit ses débuts, sous la direction de Heinrich Koch.

Ybl réalisera plus tard l’opéra de Budapest, la restauration de la cathédrale Saint-Etienne, le Várkertbazar sur les bords du Danube ainsi que le palais des douanes, actuelle université Corvinus.

À l'étage, les appartements privés conservent plusieurs objets personnels des derniers occupants. Dans la chambre de Daisy Wenckheim naquit en 1920 István Károlyi. Sa machine à écrire, quelques effets personnels, les valises de l'exil ou encore un pouf rapporté du Maroc racontent le destin mouvementé de la famille au XXᵉ siècle.

Les appartements privés
Familles et héritages

FAMILLES ET HÉRITAGES

La pièce Napoléon, ainsi nommée en raison de son mobilier de style Empire, rappelle le goût des Károlyi pour l'histoire. On y découvre notamment l’exceptionnel arbre généalogique peint de Sándor Károlyi et Krisztina Barkóczy, réalisé en 1712. Les grandes lignées hongroises utilisaient ce type d'œuvre autant pour célébrer leur mémoire qu’affirmer leur prestige.

La salle Festetics, où se succèdent les portraits d’ancêtres, évoque les alliances qui unissaient les grandes familles de la noblesse hongroise, où les mariages scellaient des liens politiques, économiques et sociaux durables. Cette ancienne chambre d’amis illustre ainsi les unions des Károlyi avec les Esterházy, Batthyány, Zichy, Pallavicini, Pálffy, Andrassy ou Széchenyi, qui composaient l’élite du royaume de Hongrie.

La salle Festetics
Le boudoir vénitien

Le boudoir vénitien, ancien cabinet de bain, est aujourd’hui l’écrin précieux de dessins et d’aquarelles représentant Venise. Il s’agit des œuvres de Suzanne Eisendieck et Dietz Edzard, peintres postimpressionistes allemands installés à Paris et parents d'Angelica Károlyi.

Leur présence à Fehérvárcsurgó prend ici une dimension symbolique, qui souligne l’engagement d’Angelica auprès de son époux Georges Károlyi  dans la restauration du château, et plus particulièrement son apport artistique dans la rénovation des intérieurs.

UN LIEU DE SAVOIR

Au cœur du château, la bibliothèque ovale est sans doute la pièce la plus spectaculaire. Construite lors des transformations des années 1910, elle est couverte d'une fine coque de béton armé, innovation exceptionnelle pour l'époque. Une porte dissimulée dans les rayonnages ouvre sur un escalier en colimaçon qui mène à la galerie supérieure.

Plusieurs milliers d'ouvrages en hongrois, allemand, français et anglais y étaient conservés. Dans les grandes demeures aristocratiques, la bibliothèque constituait un lieu de savoir et d’ouverture sur le monde.

Un lieu de savoir
La galerie de la bibliothèque

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les soldats soviétiques jetèrent les livres par les fenêtres avant d'y mettre le feu. La bibliothèque restaurée accueille aujourd'hui l'importante collection de généalogie et d'héraldique européenne du professeur Szabolcs de Vajay. Les autres collections du centre de documentation sont conservées dans le pavillon nord du château.

COLLECTIONNER

Réalisées au XVIIIᵉ siècle pour un palais vénitien, les œuvres de Francesco Fontebasso furent acquises par Geraldine Pálffy, mère de Joseph Károlyi, pour son palais de Pest. Elles témoignent du goût de l’aristocratie hongroise pour les arts et la culture italienne. Les grandes scènes historiques et mythologiques - Le Sacrifice d'Iphigénie, La Générosité de Scipion ou Antioche et Stratonice - illustrent les thèmes héroïques chers à la peinture vénitienne.

Leur restitution par le Musée des Beaux-Arts de Budapest participe à la renaissance patrimoniale du château.

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La reconstitution des intérieurs

LA RECONSTITUTION DES INTÉRIEURS

La plupart du mobilier d'origine a disparu pendant la Seconde Guerre mondiale. Une partie fut emportée par les troupes allemandes au titre de sa « mise en sécurité » ; ce qui demeurait fut détruit pendant l'occupation soviétique, ou dispersé au cours des années qui suivirent.

L’ameublement actuel restitue l'atmosphère des lieux grâce à d'importantes campagnes de mécénat : les maisons Jean Roze, Pierre Frey, Nobilis et Hope & Phillips ont notamment offert les tissus qui habillent aujourd’hui les pièces.

Pour en savoir plus sur l’histoire du château et sa reconstruction, cliquez ici.